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  • Photo du rédacteurThibaud Surini

La correction d'un texte, c'est comme un jeu amoureux...

Il y a d'abord la rencontre. Elle se passe dans un lieu plein de monde, qui ont le même objectif que moi. Selon les règles de bonne conduite, j'apprends à la connaître, on sent l'attirance mutuelle et on se dit à la fin que ce serait bien qu'on se revoie.


 


Puis, livré à moi-même, après avoir pris confiance en moi, je me lance... Alors, on provoque de nouvelles rencontres, dans un cadre plus privé désormais. Et là, on se met à reconnaître les fautes, et tenter de les interpeller.


 


Il y a les fautes discrètes, sensibles et subtiles. Leur timidité les incite à se cacher de mon regard. Elles passent inaperçues dans la foule de lettres qui les entourent. Mais, après avoir posé l'œil sur elle une première fois, après un temps d'hésitation, je retrouve l'émotion de souvenirs d'autrefois... Je m'approche délicatement, pour être sûr de ne pas l'interpeller sans raison, sans risquer de la brusquer.


 


Il y a aussi les fautes sauvages, prêtes à me sauter à la figure dès que mon regard s'arrête sur elles.


 


Quelle que soit la faute, la repérer fait que tout l'environnement alentour s'efface. Je n'ai d'yeux que pour elle.


 


Quoi qu'il en soit, avant d'aller plus loin, je sais que je ne suis pas le seul prétendant. Que, pour espérer une suite, comme j'ai plusieurs activités, il faut qu'elle accepte mes... deux vies !


 


Alors, quand elle frappe finalement un soir à ma porte, pour demander à ce que je prenne soin d'elle, l'ambiance devient feutrée et pleine de passion réciproque.


Passion pour ces mots qui viennent à moi sous leurs meilleurs atours, dont j'admire tout simplement le corps... de texte !


J'en apprécie les formes et les lignes, imposant le respect et devant demander l'accord avant que j'y touche. L'amour a ça de beau : d'effacer du regard la moindre imperfection et convaincre sa dulcinée qu'elle est tout simplement parfaite.


 


La faute me susurre à l'oreille "Cherche-moi", m'invitant à la suivre et faisant grimper le désir. La nuit est tombée, la lumière tamisée est de circonstance. La fatigue n'est plus, prêt à passer une nuit blanche à la cajoler. Elle se dévoile et laisse apparaître les courbes de ses parenthèses enchantées. Dès la faute repérée, je la trouve belle... Je la souligne... Elle se met à rougir ! C'est dans son caractère...


Le jeu s'accroît, la tension palpable, avec la volonté d'user de cette langue (française) pour que le texte intégral ressorte - oserais-je le dire - bien léché.


 


Bien sûr, on se protège, grâce à mon Antidote, jusqu'à la conclusion.



On se réveille de bon matin, heureux du moment passé et conscient que ce n'était qu'une aventure d'un soir. Elle s'en va après un dernier au revoir, sachant qu'il est peu probable qu'on se retrouve. Désormais, sa vie est de passer entre les mains des lecteurs que je serai aussi, pour retrouver ce souvenir de l'avoir parcourue, sans que personne ne soit conscient de notre relation... à part nous deux.

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